Des compétences pour des emplois verts

Des compétences pour des emplois verts :  un aperçu à l’échelle mondiale
Rapport de synthèse basé sur 21 études de pays

Introduction

La création de compétences est une des clés qui ouvre ce potentiel d’emplois. L’offre rapide de compétences pertinentes et de qualité est indispensable pour la réussite de transformations qui stimulent la productivité, la croissance de l’emploi et le développement.

Le Département des compétences et de l’employabilité du BIT, en coopération avec le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (Cedefop)*, a lancé une enquête mondiale sur les besoins de compétences pour des économies plus vertes. Des enquêtes ont été menées dans 21 pays : l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Australie, le Bangladesh, le Brésil, la Chine, le Costa Rica, le Danemark, l’Égypte, l’Espagne, l’Estonie, les États-Unis, la France, l’Inde, l’Indonésie, le Mali, les Philippines, la Thaïlande, l’Ouganda, la République de Corée et le Royaume-Uni. Ces 21 études de pays forment les éléments de base du présent rapport.

La transformation engendrée par des économies plus vertes affecte les besoins de compétences de trois manières :

1. La transformation verte crée un déplacement des activités dans l’économie, par exemple de celles dont l’efficacité énergétique est moindre et qui produisent des émissions de CO2 plus importantes vers celles qui sont plus efficaces est moins polluantes. Ce type de transformation se produit au niveau de l’industrie et entraîne des déplacements structurels de l’activité économique et, donc, de l’emploi entre et dans les secteurs. C’est ce qu’on appelle la restructuration verte.
Les changements structurels réduisent à leur tour la demande de certaines professions et de certains profils de compétences et augmente la demande d’autres. Un exemple de cette source de changement dans les besoins de compétences serait la croissance des sources d’énergie non traditionnelles et renouvelables, comme l’énergie éolienne ou solaire, et le recul relatif de la production et de l’utilisation des combustibles fossiles. Ces changements nécessitent une formation afin de permettre aux travailleurs et aux entreprises de quitter les secteurs et les métiers en déclin au profit de ceux en phase de croissance.

2. Les changements structurels, l’adoption de nouvelles réglementations et le développement de nouvelles technologies et pratiques entraînent l’apparition de certaines professions entièrement nouvelles. Ce processus est très spécifique du pays. Par exemple, technicien de l’énergie solaire est souvent cité comme étant un nouveau métier dans les pays où l’énergie solaire est une nouvelle technologie. Ces nouveaux métiers nécessitent la création de cours de formation adaptés et un ajustement des systèmes de qualification et de formation.

3. Des compétences nouvelles seront nécessaires pour les travailleurs qui exercent de nombreux métiers existants dans de nombreux secteurs, dans le cadre d’un processus d’écologisation d’emplois existants. Dans l’industrie automobile, par exemple, les travailleurs dans toute une série de tâches qui vont de la conception technique à la chaîne de montage devront travailler avec de nouvelles technologies économes en carburant. Un autre exemple serait les agriculteurs de nombreuses régions du monde qui devront s’adapter à des situations de sécheresse plus importantes qui les obligeront à apprendre comment cultiver de nouvelles espèces de plantes ou utiliser de nouvelles méthodes pour produire les espèces existantes. Cette source de changement dans les compétences requises est la plus répandue: en réalité, elle sera présente partout et nécessite un effort important pour revoir les programmes de cours, les normes de qualification et les programmes de formation existants à tous les niveaux d’enseignement et de formation.

Les trois sources de changement – déplacements entre secteurs, création de nouveaux métiers et modifications de profils de compétences au sein des métiers – modifient toutes les profils de compétences des métiers et affectent dès lors les besoins de formation et l’exécution de celles-ci.

A lire

  • Moteurs du changement: comment les compétences doivent changer avec l’écologisation des économies
  • Contexte stratégique
  • Le changement structurel «vert» et ses implications pour le développement des compétences
  • Comment les métiers changent-ils avec l’écologisation des économies ?
  • Anticipation et suivi des besoins de compétences
  • Les voies à suivre
    • Les politiques doivent reposer sur des informations appropriées, être cohérentes et être coordonnées
    • Les politiques doivent être ciblées
    • Les transitions vertes affectent tout le système de formation
    • Les pays en développement appellent des mesures spéciales

Télécharger l’étude [PDF] sur le site de l’Organisation International du Travail (ILO)

Copyright © International Labour Organization 2011

*Sites à consulter :
ILO : www.ilo.org
CEDEFOP, Centre européen pour le développement de la formation professionnelle : www.cedefop.europa.eu

Veille emploi environnement
Remerciements à Sandrine Roussel, Centre ressources du Carif LR

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