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Sylvie Tarantino, écotoxicologue créatrice de Toxibionte

Témoignage d’une créatrice d’entreprise dans le domaine de l’écotoxicologie

Prix Ademe Toxibionte, écotoxicologue

Interview de Sylvie Tarantino (2011), créatrice de l’entreprise TOXIBIONTE, bureau d’études, bioessai et expertise en écotoxicologie, santé et toxicité environnementale.

Durabilis magazine. Vous êtes écotoxicologue : pouvez-vous nous présenter ce métier et les projets sur lesquels vous intervenez ?

L’écotoxicologie vise à évaluer le comportement et les effets toxiques de contaminants d’origines anthropiques ou naturels sur la faune, la flore, les écosystèmes. Elle est pluridisciplinaire et permet d’intégrer tous les aspects de l’impact, du niveau moléculaire à l’individu jusqu’à la population et l’écosystème. Cette discipline apporte des informations nouvelles et complémentaires aux études physico-chimiques et écologiques. Il y a deux aspects, l’un rétrospectif et l’autre prédictif.
Actuellement ce domaine se développe via la réglementation telle que REACH.

L’entreprise est spécialisée dans les études et expertises en écotoxicologie (eau, sol, air, etc.) et s’oriente sur l’évaluation du danger, du risque écotoxique notamment lors de gestions, de suivis de rejets, de projets urbains, industriels, évaluer l’efficacité d’une technique de dépollution, etc.
Le service Apisveille® utilise l’abeille comme indicateur biologique dans diverses applications de biosurveillance et de management environnemental.

Durabilis magazine. Avez-vous décidé de créer votre entreprise dès la fin de vos études supérieures en biologie cellulaire et toxicologie de l’environnement ?

Non. Je n’avais pas une culture de l’entreprise aussi ce concept m’était étranger.
Il a fallu diverses expériences professionnelles, des facteurs environnementaux, le désir de concrétiser des idées pour pousser la porte de la création d’entreprise.

Durabilis magazine. Votre cursus vous a-t-il préparée ou sensibilisée à la création d’entreprise ?

Non. Mon cursus était dans une logique purement d’études scientifiques en laboratoire et orientées « recherche ». Ce qui peut se comprendre dans un enseignement dont l’objectif est de former à la méthodologie, la rigueur, aux techniques, etc. et même si les possibilités d’entrer dans tels ou tels domaines de l’industrie étaient abordées, la création d’entreprise était inexistante.
Elle s’est faite par un cheminement personnel, et une réflexion sur comment pouvoir insérer ses projets dans la société et en ses besoins, que cela soit pérenne et viable économiquement.

Durabilis magazine. Avez-vous bénéficié d’un accompagnement à la création de votre activité ?

Oui.
Je bénéficie d’un accompagnement intitulé NACRE, acronyme de Nouvel Accompagnement des Créateurs et Repreneurs d’Entreprise.
NACRE est un accompagnement sur la durée avec conseils, appuis techniques. Il se déroule en trois étapes : l’une en amont de la création, l’autre pendant et la troisième en aval. « IDéclic Formation » était l’étape amont, elle s’est déroulée sur 3 mois et consistait en une alternance théorie et pratique pour réaliser une étude de faisabilité du projet (étude de marché, étude financière et juridique), avec un apprentissage sur divers aspects comme la comptabilité, le marketing, etc.

En parallèle, j’étais également en relation avec l’animateur d’une pépinière d’entreprise, puis durant un an inscrite à Action’elle, réseau féminin d’aide à la création d’entreprise pour les porteuses de projet et les femmes chefs d’entreprise, et quelques passages dans des clubs de créateurs et de repreneurs d’entreprise de ma région, ainsi qu’à la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Durabilis magazine. Quel a été l’élément déclencheur vous donnant l’envie de créer votre propre emploi en environnement ?

Il ne s’est pas fait sur un coup de tête, c’est plutôt un cumul de choses.
• Economico-sociale, c’est-à-dire avoir un travail stable, suivre des projets sur du long terme.
• Scientifique, pouvoir allier mes passions dans le domaine de l’(éco)toxicité, l’entomologie, etc., pouvoir agir en amont sur des problématiques environnementales et proposer des outils de diagnostic terrain pragmatique.
• Indépendance.
• Éthique que ce soit au niveau RH, ou scientifique.

Durabilis magazine. Pour quel projet votre entreprise a-t-elle été nominée pour le Prix Entreprises et Environnement 2010 ?

Elle a été nominée dans la catégorie « Biodiversité et entreprises », « Idées pour la biodiversité » du Prix Entreprises et environnement. Le projet consiste en la construction d’un réseau d’apiculteurs impliqués dans l’évaluation de la qualité environnementale, voir une mutualisation de résultats d’analyses pour une information globale. L’abeille est un bioindicateur et à ce jour il est possible de déterminer diverses contaminations du milieu, via les produits apicoles ou l’abeille, ceci à des fins sanitaire ou environnementale.

L’entreprise a remporté le Trophée Rhône Alpes des écoinnovations 2010, 2ème coup de cœur du jury organisé par la Région Rhône-Alpes et l’ADEME, sur un autre projet. Celui-ci étant en cours de développement il ne peut être détaillé. Il a été intégré à un appel à projet sur la thématique de « la mesure et l’évaluation environnementales » dans le cadre d’ INNOV’R® 2010.

Durabilis magazine. Cela a-t-il eu un impact positif sur le développement de votre activité ?

Oui.
L’ensemble a permis de faire connaître l’entreprise, de susciter de l’intérêt de la part de la presse, de prospects, de commencer une activité économique, de crédibiliser les projets et l’entreprise.

Durabilis magazine. De nombreux jeunes souhaitent travailler au service de l’environnement et du développement durable. Que diriez-vous à celles et ceux désireux de créer leur propre emploi ?

Je leur dirais de se lancer.
Mais que se lancer ne veut pas dire de sauter en parachute sans parachute, c’est-à-dire préparer cela, évaluer les risques en fonction de sa situation, se faire accompagner pour mettre toutes les chances de son coté. Puis, être prêt à travailler sans compter ses heures, avoir un objectif à long terme, ne pas écouter systématiquement les personnes défaitistes qui parfois sont là pour vous « conseiller » et qui vous décourage dans votre élan plus qu’autres choses. Je répondrais qu’il y a plusieurs chemins et plusieurs façons pour aller en un lieu, aussi être déterminé, positif et surtout croire en soi et en ses projets.

TOXIBIONTE
38550 Cheyssieu – France

Propos recueillis en septembre 2011, par J. Valina

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