Offre de thèse Jardins collectifs et biodiversité urbaine

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Recrutement Doctorant(e) Jardins collectifs et biodiversité urbaine. Choix des pratiques horticoles et effets sur la végétation urbaine

université de Tours

PhD title : Allotment gardens and urban biodiversity. Choice of horticultural practices and effects on urban vegetation

Mots-clé : jardinage urbain, paysage urbain, végétation spontanée, socio-écosystèmes
Key-Words : urban gardening, urban landscape, unintentional vegetation, socio-ecosystems

Problématique et objectifs de recherche sur les jardins collectifs

À l’origine liés à l’urbanisme culturaliste, et étant présentés alors comme un correctif aux défauts de la ville industrielle (Werquin & Demangeon, 1997), les jardins collectifs, appelés aussi jardins communautaires ou associatifs, ont connu des variantes successives depuis le début du 20ème siècle (jardins ouvriers, jardins familiaux, jardins partagés) et font l’objet d’un renouveau depuis quelques années dans plusieurs pays industriels. Parmi les différents types de jardins urbains, les jardins collectifs ont la particularité d’être localisés sur des surfaces appartenant généralement à des municipalités, pour qui ils représentent souvent des réserves foncières, et d’être gérés par l’intermédiaire d’une association. Par rapport aux jardins privés, le pilotage par les pouvoirs public y est plus aisé, et leur dimension plus étendue en fait de possibles unités écologiques en milieu urbain.
Comme le montre une synthèse bibliographique (Guitart et al., 2012) les jardins collectifs font l’objet de travaux de recherche en sciences sociales. Des projets de recherche sur les aspects environnementaux des jardins collectifs se développent en Europe (Hursthouse & Leitão, 2015; Voigt & Leitão, 2015) et en France (Rémy et al., 2015). Ces recherches montrent que le niveau de pollution des sols urbains utilisés par le jardinage collectif est préoccupant (Mitchell et al., 2014), à cause des pesticides et des métaux lourds contenus dans ces sols, du fait de l’usage courant ou passé (Schwartz et al., 2012 ; Bechet et al., 2016). Les caractéristiques écologiques et paysagères ce type de jardin urbain sont peu connues (Consalès, 2003), mais des travaux se développent sur le rôle des jardins collectifs pour la biodiversité urbaine (Joimel et al., 2013; Paris et al., 2013) et les réseaux écologiques urbains (Di Pietro et al., 2016; Di Pietro et al., in prep.). Ces aspects sont toutefois en relation avec les pratiques horticoles qui y prennent place. En effet, dans les jardins collectifs, comme dans les jardins particuliers, toute la gamme des pratiques horticoles, des plus intensives et consommatrices de pesticides, aux plus biologiques, est présente (Guyon, 2008).

Nous faisons l’hypothèse que l’adoption de pratiques horticoles de protection des cultures, chimiques ou alternatives, par les jardiniers associatifs, est liée à trois types de facteurs : (1) l’environnement urbain du jardin collectif (localisation dans le paysage et le gradient urbains, caractéristiques générales du jardin : propriété foncière, gestionnaire, surface etc.) ; (2) le profil socio-démographique des jardiniers ; (3) l’efficacité des stratégies, conventionnelles ou alternatives, adoptées par les jardiniers. Ce projet de thèse entend mesurer la contribution de ces trois facteurs aux choix des pratiques de protection des cultures par les jardiniers, d’une part, et l’impact de ces pratiques sur la végétation spontanée qui se développe dans les espaces interstitiels de ces jardins, d’autre part.

Éléments méthodologiques

Les sites d’études seront Tours (qui a déjà fait l’objet de travaux sur les jardins collectifs : Calenge, 2007; Di Pietro, 2007), et Orléans, des agglomérations de taille moyenne, où la pression urbaine conjugue densification du tissu existant et poursuite de l’étalement urbain, situées en région Centre-Val de Loire. À travers neuf tâches identifiées, cette thèse fera appel à une méthodologie pluridisciplinaire impliquant, outre une recherche bibliographique variée et des analyses statistiques, des enquêtes auprès des jardiniers, des analyses cartographiques et des relevés floristiques.

Résultats attendus

Cette thèse permettra de mesurer la relation entre les pratiques de gestion des adventices et des facteurs situés à trois échelles : l’échelle urbaine (le paysage urbain dans lequel s’inscrit le jardin collectif), l’échelle du jardinier individuel (facteurs socio-démographiques) et l’échelle de la parcelle (lot particulier). L’analyse de ces informations consentira de cerner le profil socio-démographique et urbain de différentes catégories de jardiniers, discriminées en fonction de pratiques de gestion des adventices, dont l’efficacité sera estimée à partir de la végétation spontanée présente sur la parcelle. Elle permettra aussi d’estimer la valeur des jardins collectifs pour la biodiversité urbaine et les continuités écologiques en ville.

Contexte et financement de la thèse

Ce projet de thèse est partie intégrante du projet de recherche « ALTHERCOL. Les pratiques alternatives aux herbicides dans les jardins collectifs en ville » (2017-2020), financé par le Plan Écophyto II (Appel à projets de recherche et innovation JEVI, Programme 2016, MEEM), qui réunit des chercheurs de l’UMR CITERES (Tours) et France Nature Environnement-Centre-Val de Loire, structure animatrice du plan Ecophyto dans les JEVI (Jardins Espaces Verts et Infrastructures) pour la région Centre-Val de Loire. La thèse débutera en Septembre 2017.

Profil : Doctorant(e) en Géographie

Le/la candidat(e), motivé(e) par l’étude de la biodiversité urbaine, est ou sera, en Juin 2017, titulaire d’un Master 2 Géographie ou Master 2 écologie, il/elle possède une bonne maîtrise des outils de géomatique -systèmes d’information géographique et traitement d’image (ARCGIS, notamment)- de la méthodologie et de la réalisation d’enquêtes et entretiens, et a connaissance des politiques publiques en question (réglementation loi Labbé, plan Ecophyto).
Il/elle est familier de botanique et sait utiliser des méthodes d’analyse statistique.
Il/elle a un esprit analytique et des capacités de synthèse qui lui permettront de mobiliser efficacement la littérature scientifique francophone et anglophone, et fait preuve d’une rédaction fluide lui permettant de communiquer sur le cadre et les résultats de son travail de thèse.
Le/la candidat(e) est autonome dans son travail tout en sachant évoluer dans le cadre d’une équipe pluridisciplinaire.

Candidatures

Référence de cette offre de thèse : OE 270417-1
Envoi de CV incluant le nom de personnes référentes, avant le 12 Juin 2017, à Francesca Di Pietro, UMR CITERES (Tours) en cliquant ci-dessous :

CANDIDATER

Références citées

Bechet, B., Joimel, S., Jean-Soro, L., Hursthouse, A., Agboola, A., Leitão, T. E., … Lebeau, T. (2016). Spatial variability of trace elements in allotment gardens of four European cities: assessments at city, garden, and plot scale. Journal of Soils and Sediments. http://doi.org/10.1007/s11368-016-1515-1
Calenge, C. (2007). Les jardins familiaux de l’agglomération tourangelle: un environnement ambigu (Les espace). (J. Serrano & C. Larrue, Eds.). In: Les espaces périphériques urbains et le développement durable: analyse à partir du cas de l’agglomération tourangelle, Tours (France): Les espaces périphériques urbains et le développement durable: analyse à partir du cas de l’agglomération tourangelle.
Consalès, J. N. (2003). Les jardins familiaux de Marseille, Gênes et Barcelone. Entre enjeux potentiels et fonctions réelles de l’agriculture urbaine. Rives Méditerranéennes, 15(2003), 2–10.
Di Pietro, F. (2007). Etat des lieux des jardins familiaux dans l’agglomération tourangelle: vers une délocalisation face à la pression urbaine (Programme). (J. Serrano & C. Larrue, Eds.). Tours (France): Les espaces périphériques urbains et le développement durable: analyse à partir du cas de l’agglomération tourangelle.
Di Pietro, F., Mehdi, L., Brun, M., & Tanguay, C. (n.d.). Community gardens and urban biodiversity. In The Urban Garden City. Shaping the City with Gardens through History. Springer-Verlag.
Guitart, D., Pickering, C., & Byrne, J. (2012). Past results and future directions in urban community gardens research. Urban Forestry and Urban Greening, 11(4), 364–373. http://doi.org/10.1016/j.ufug.2012.06.007
Guyon, F. (2008). Les jardins familiaux aujourd’hui: des espaces socialement modulés. Espaces et Sociétés, 134, 131–147. http://doi.org/10.3917/esp.134.0131
Hursthouse, A. S., & Leitão, T. E. (2015). Environmental pressures on and the status of urban allotments. In S. Bell, R. Fox-Kämper, N. Keshavarz, M. Benson, S. Caputo, S. Noori, & A. Voigt (Eds.), Urban Allotment Gardens in Europe (pp. 147–169). Routledge.
Joimel, S., Chenot, É.-D., Cortet, J., Schwartz, C., & Consalès, J. N. (2013). Jardins potagers collectifs: quelle intégration urbaine pour quels services rendus ? In V. Bradel (Ed.), Urbanités et biodiversité (pp. 158–170). Presses Universitaires de St.Etienne.
Mitchell, R. G., Spliethoff, H. M., Ribaudo, L. N., Lopp, D. M., Shayler, H. A., Marquez-Bravo, L. G., … McBride, M. B. (2014). Lead (Pb) and other metals in New York City community garden soils: Factors influencing contaminant distributions. Environmental Pollution, 187, 162–169. http://doi.org/10.1016/j.envpol.2014.01.007
Okvat, H. A., & Zautra, A. J. (2011). Community Gardening: A Parsimonious Path to Individual, Community, and Environmental Resilience. American Journal of Community Psychology, 47(3–4), 374–387. http://doi.org/10.1007/s10464-010-9404-z
Paris, M., Chelkoff, G., & Linglart, M. (2013). Nature domestiquée en bord de route. In V. Bradel (Ed.), Urbanités et biodiversité (pp. 171–181). Presses Universitaires de St.Etienne.
Rémy, E., Douay, F., Canavèse, M., Lebeau, T., Berthier, N., Branchu, P., & Pinte, E. (2015). Jardins collectifs urbains et contaminations des sols: quels enjeux en termes d’évaluation et de gestion des risques ? Retrieved from http://topia.fr/travaux-de-chercheurs/travaux-de-l-axe-2/
Voigt, A., & Leitão, T. E. (2015). Lessons learned. Indicators and good practice for an environmentally-friendly urban garden. In Urban Allotment Gardens in Europe (pp. 165–197).
Werquin, A., & Demangeon, A. (1997). L’entrelacs du végétal et de l’urbanisation. Les Annales de La Recherche Urbaine, 74, 40–49.

Expiration de l'offre le 12/06/2017

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